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EPR de Flamanville: objet de fantasme?

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Les difficultés rencontrées par Areva dans les travaux de construction de l’EPR de Flamanville sont l’objet d’un grand intérêt, surtout de la part des anti­nucléaires. Même si cette attention est nécessaire, Sylvie Cadet­Mercier, de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), semble appeler à plus de modération avant de tirer des conclusions définitives sur le sort réservé à l’EPR.

L’IRSN a détecté un mauvais fonctionnement lors de tests sur les soupapes de l’EPR en chantier à Flamanville. Sylvie Cadet ­Mercier, directrice des systèmes, des nouveaux réacteurs et des démarches de sûreté à l’IRSN relativise cet incident jugeant que c’est un évènement courant lors de l’instruction de grands projets.

« Si les soupapes ne se comportent pas comme attendu aujourd’hui, ce n’est pas dramatique », affirme­-t­-elle. « Dans un programme de qualification de grands projets, il y a toujours des éléments qui se passent bien et d’autres qui ne se passent pas comme attendu. Là, cet événement fait beaucoup de bruit car on parle de l’EPR et que les soupapes sont des pièces importantes du réacteur. Cela nécessite des analyses complémentaires pour comprendre et, au besoin, apporter des modifications pour corriger. L’important est qu’à la fin des tests, nous soyons convaincus que les exigences de sûreté de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sont satisfaites. »

Sylvie Cadet­ Mercier justifie également les problèmes rencontrés et le retard dans la construction de l’EPR de nouvelle génération. « C’est le premier qui a pris en compte les retours d’expérience des accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl. Il a même anticipé certaines évolutions de conception demandées (« noyau dur ») sur les réacteurs du parc suite à Fukushima. Les ingénieurs ont voulu faire un réacteur plus sûr. Cela se paie, en euros et en ef ort d’ingénierie. Les annonces originelles de construction des têtes de séries EPR en seulement cinq ans étaient irréalistes. »

Malgré ces déboires, le chantier continue donc et reste une source importante d’emplois dans le département de la Manche pour Areva et EDF.

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