Bien entendre ses enfants

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Peut-on entendre ce que nos enfants nous
disent réellement ? Sommes-nous assez attentifs aux vrais sens des phrases
qu’ils prononcent ?
«J’aimerai s être à côté de toi », « c’est
toujours ma sœur qui mange à côté de toi » »pourquoi c’est mon frère
qui a toujours le droit de.. »
Ces phrases, tous les parents les ont entendus un jour, ou
peut-être même les ont-ils prononcés eux mêmes. Est-ce un réel besoin d’être
avec  la mère ou le père ou est-ce un
sentiment de jalousie envers « l’autre « ? Dans bien des cas, Il
apparaît que ces demandes soient bien l’œuvre de ce sentiment que l’on nomme
« jalousie ». Alors peut-on vraiment concevoir que l’un de nos
enfants soit jaloux de l’autre ? Peut-on y croire, sachant que nous,
parents, nous ne pouvons concevoir de privilégier l’un ou l’autre ? Les
adultes que nous sommes, occupés par notre quotidien, nos préoccupations, ne
sommes souvent plus capables d’entendre ce qui se cache derrière ces simples
mots. Nous réagissions de manière « adulte et instinctive » et nous
avons de moins en moins de temps à consacrer aux vrais sens des mots que nos
enfants nous adressent.
 
Ce qui semble certain, c’est qu’un enfant qui exprime ce
genre de demande n’attend pas une réponse instinctive de notre part, une
réponse du genre « mais hier tu étais près de maman » ou « ne
soit pas jaloux de ton frère, toi aussi tu manges à côté de moi en ce
moment ». Pour un enfant qui exprime ses sentiments, il est important
qu’il puisse être vraiment entendu et compris. « oui, j’entends bien que
tu aimerais être près de moi, mais est-ce que ce que tu désires  vraiment n’est pas que ton frère ou ta sœur ne
soit plus à côté de moi ? » Vous seriez alors surpris de découvrir
qu’effectivement, votre enfant exprime bien le désir d’être près de vous, mais que
ce qui lui importe surtout, c’est que « l’autre » ne le soit
plus ! Et à choisir, il préférera ne pas être près de vous pour autant que
l’autre ne le soit plus aussi.
Accepter que l’un de nos enfants puisse être
« jaloux » de son frère ou de sa sœur, lui permettra de ne pas
s’habituer à refouler ses sentiments qui lui semblent « anormaux ».
Anormaux car les enfants comprennent très vite qu’il n’est pas
« normal » d’être jaloux de son frère ou de sa sœur. Nous savons très
bien prendre le temps, nous, les adultes pour véhiculer ce genre de sentiment.
Alors, prenons plutôt le temps de permettre à nos enfants de manifester leurs
ressentis avec facilité et obtenir en échange l’écoute qu’ils méritent. Prenons
plutôt le temps de leur expliquer qu’ils ont le droit de ressentir certaines
choses qui peuvent nous sembler peu acceptables. Cette « jalousie »
ne se créé pas toute seule dans leur esprit, mais se génère à nous voir
nous-mêmes fonctionner de cette manière. Abandonnons l’idée que nous devons
répondre instinctivement à nos enfants et penchons-nous plutôt sur la face
cachée de leurs demandes, il en va de leur bien être futur.
 
Jean-philippe Fleury
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