Quand Eric Freymond affirme qu’art et politique ne font qu’un

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La question n’est pas de se demander ce que l’art apporte, ou n’apporte pas, à la politique, mais plutôt de concevoir que l’art possède, ou non, une dimension politique. Pour l’artiste engagé Eric Freymond, l’art ne peut être considéré comme apolitique. Un constat que beaucoup d’artistes, se considérant neutres, ont du mal à partager.

Une question qui a taraudé de nombreux penseurs

La question du lien entre la politique et l’art, sous n’importe laquelle de ses formes, a fait tourner la tête de nombreuses têtes pensantes à travers les siècles. Platon et ses livres III et X de La République, Aristote et La Poétique, Rousseau et La Lettre à d’Alembert… Une œuvre peut-elle être exempte de toute dimension politique ? Une question difficile d’autant que pour y répondre, il faudrait d’abord déterminer si la perception de l’auteur sur le but de son œuvre prévaut sur celle des spectateurs. Peu probable.

Pourtant, si tel était le cas, cela ne simplifierait toujours pas les choses. Suffirait-il de simplement vouloir plaire pour que son œuvre devienne apolitique ? Le simple fait de vouloir enlever toute dimension politique à son œuvre n’est-il pas en soit une prise de position ?

Eric Freymond : « je ne crois pas à l’art apolitique »

Le plasticien franco-belge du silence encore peu connu en France, Eric Freymond, s’est vu poser la question lors d’une interview. « Tout a une portée politique », a-t-il asséné à son interlocuteur avant d’ajouter la dimension temporelle de cette question. Il y a plusieurs siècles, il était essentiel pour un artiste de passer un message par ses œuvres. Aujourd’hui, c’est presque devenu une honte pour certains. Comme si plaire à tout le monde était devenu la nouvelle norme. Si certains considèrent que par cette pensée, et par son art pour le moins original, Eric Freymond se contente de « se payer notre tête », il reste difficile de contredire ce point de vue sans donner soi-même une dimension politique à ses œuvres.

L’essence d’une œuvre réside bel et bien dans la perception que s’en fera le spectateur. Comme précise Aurélie Ledoux, auteur et agrégée de philosophie, « rien n’est intouchable » et si l’artiste voit en son œuvre un certain message, ce dont on se souviendra est ce que nous avons nous-mêmes discerné. Tout est une question de perception et c’est peut-être ça qui rend l’art si attirant.

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