La valse maudite …! (poème)

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Toi, ô pauvre homme
Tu traînasses ton fardeau
Du premier bégaiement jusqu’au déclin
Mesquin, tu te faufiles de rêves en rêves
A la recherche d’un abri, d’un refuge
Sous les décombres de tes pensées
En naufrage, en ruines

Tu t’es habitué à ce pain nu,
A ces gorgées presque salées,
A ces fringues raccommodées,
A ces chaussures usées,
A ce printemps évanoui
A cet espoir voué à l’échec

Ne ferme pas ta porte
Ta demeure est sans toit
Sans lumière et sans eau

Tu marches le dos courbé,
Les yeux baissés,
L’esprit angoissé,
De mille et un maux
Tourmenté, manipulé,
Tu vis rejeté, marginalisé,
Tu n’as point d’amis
Dans ce monde funeste
Où seuls comptent les sous
Ton habit ne fait le moine
Comme un croque-mitaine
Dans les champs bordés de barbelés de fer
Que les oiseaux nient
Toutes tes saisons se ressemblent
Tes raisons se tordent l’échine

N’essaie plus de pleurer
Ton sort lugubre, fade
Tu n’as point de larmes
Tu les as larguées sur le bitume
Et si tu as déjà cousu ton linceul
Alors creuse ton fossé et cache-toi
Déguerpi, fais vite avant l’arrivée des guetteurs
Qui comme des fantômes, masqués,
N’ont jamais cessé de t’épier
Depuis ton éclosion

Aux suivants, aux suivants
Crient tes enterreurs
Et le sable et la pierre et l’épitaphe
Personne ne se souviendra de toi
Peut-être dans une autre vie
Seras-tu récompensé…
Adieu, pauvre homme, repose-toi, enfin
Entre dalle et terre froide, nue…

© Mohammed El Qoch 2011

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