LA CRISE D’ADOLESCENCE : UN PASSAGE OBLIGÉ ?

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LA CRISE D’ADOLESCENCE : UN PASSAGE OBLIGÉ ?

Chacun sait que les bébés ne viennent pas au monde avec un mode d’emploi : nous sommes nombreux à apprendre « sur le tas ». Et, pour la plupart d’entre nous, ce ne sont pas nos parents qui nous auront montré la voie, bien que, dans mon cas comme peut-être dans le vôtre, il m’a suffi de faire exactement l’inverse de ma mère. Il faut dire qu’elle n’avait que 20 ans à ma naissance et qu’elle-même n’avait pas été informée sur la façon d’élever un enfant : elle fit donc le choix de me « dresser » (selon ses propres mots) en m’écrasant. La seule chose qu’on vous met dans le crâne, c’est qu’une fois « ado », votre fille ou votre fils se métamorphose en monstre et fait une crise qui va retourner la famille et la maison : attention, tout le monde aux abris ! Fausse croyance. Pire, vous êtes peut-être persuadé qu’il FAUT que ce tout jeune adulte se révolte contre ses parents, sinon, il se pourrait bien qu’il ne soit pas normal. Laissez-moi vous dire que si vous êtes persuadé de cet état de fait, vous allez en baver ! Pourquoi ? Parce que vous programmerez vous-même votre rejeton à la rébellion. Est-ce que la crise d’adolescence est un passage obligé dans le développement d’un enfant ? Avez-vous, vous-même, connu cette situation en tant qu’ado ou/et en tant que parent ?

J’ai entendu plusieurs fois des parents exprimer leur conviction qu’un enfant doit faire sa crise d’ado et, de ce fait, ils se préparaient au pire comme si cet événement était un signe d’équilibre chez l’enfant. Réfléchissons ensemble : quand vous avez un emploi avec un dirigeant qui vous respecte, vous encourage, vous gratifie : avez-vous envie de vous révolter ? Souvenez-vous que de la naissance à l’âge de 15 ans et un peu plus, si votre progéniture doit recevoir reconnaissance, affection et protection de votre part, cela développera sa confiance et son estime, promesse d’une vie d’adulte épanouie. Quand vos propres parents ont été incapables de vous fournir ces trois éléments essentiels, vous voilà déjà vous-même en déséquilibre. Manquant de confiance, comment contrôler les petits monstres que vous élevez, terrifié que vous êtes par ce qui vous pend au nez : la crise d’adolescence. Déjà mal informés sur le métier de parents, vous faites ce que vous pouvez et quand on ne maîtrise pas un sujet, on essaie de le dominer : petit, tout va bien, vous arrivez encore à gérer. Quoi que… Mais quand votre progéniture vous regarde dans les yeux sans avoir à lever la tête,  vous commencez déjà à vous sentir dépassé.

Votre stratégie sera de visser la visse de plus en plus au fur et à mesure des années pour ligoter suffisamment ce futur délinquant afin qu’il n’ait plus aucune possibilité de bouger : vous pensez le contrôler… En fait, vous êtes en train de l’enrager et le pousser à la révolte et plus vous lui retirer de liberté, plus vous jouez contre votre camp. Un tour de visse de plus chaque année, pour essayer de le contrôler à l’âge où il DOIT se révolter contre papa/maman. Légende urbaine : il est tout à fait faux qu’un enfant doive se révolter pour assurer une croissance équilibrée. Vous révoltez-vous contre un patron qui vous respecte ou contre un conjoint à l’écoute et avec lequel vous avez établi une belle communication ? Si vous donnez à votre enfant reconnaissance, affection et protection, si vous établissez un lien de confiance et, surtout, si vous lui donnez l’élan et la formation pour prendre sa vie en main au lieu de la contrôler vous-même, pourquoi imaginer qu’il va se révolter ? L’incompréhension s’installe quand vous avez fait les 400 coups vous-même et que vous êtes persuadé que votre progéniture vous les fera aussi. Plus vous avez été délinquant avec vos parents, plus vous pensez que vos enfants le seront aussi. Finalement, c’est vous qui les programmez à vous sauter à la figure quand ils en auront assez d’être brimés, ainsi que vous l’avez peut-être fait vous-même… Demandez-vous comment vous auriez souhaité que vos parents agissent avec vous et vous aurez vos réponses en matière d’éducation.

La communication est importante dans n’importe quelle situation : vie privée, professionnelle ou sociale. Si vous avez une ligne directe avec votre enfant et si vous le considérez « comme un grand » en lui donnant des responsabilités de son âge et en lui démontrant la confiance que vous placez en lui, il sera fier de naviguer dans les eaux que vous aurez prédéterminées ensemble. Mais lui avez-vous donné suffisamment de reconnaissance, d’affection et de protection pour qu’il sache qu’il est important et précieux pour vous et souhaite vous faire plaisir plutôt que vous faire grimper aux rideaux ? Tout repose sur sa confiance et son estime et si vous les avez broyées pendant qu’il grandissait, vous en aurez fait un soumis qui sera maltraité à l’école ou un révolté. Un enfant comblé par une belle vie de famille ou des parents séparés, mais cohérents et complices dans le rôle éducatif n’a pas besoin de s’associer à un groupe de gamins perturbés qui défient les lois de l’école et de leurs géniteurs, en faisant leur passe-temps favori. Respectez votre enfant et il vous respectera, faites-lui confiance et il vous fera confiance aussi et, surtout, ne le trahissez jamais. S’il vous fait une confidence, n’allez pas la raconter à toute la famille et aux amis, pas même à votre conjoint. Vous devenez détenteur d’un secret qu’il vous aura confié, sorte de test inconscient pour voir si vous êtes fiable. Soyez prudent dans la façon dont vous vous comportez avec lui : soyez valorisant et évitez d’être humiliant avec des petites blagues faites devant ses amis, la famille ou des étrangers.



En termes clairs, respectez votre enfant, travaillez à sa confiance et son estime, valorisez-le, faites-lui comprendre que vous êtes à ses côtés, établissez un lien de confiance indestructible et faites-lui comprendre que vous croyez en lui : laissez-lui de plus en plus de liberté au lieu de serrer la visse. En lui montrant comment prendre ses responsabilités au fur et à mesure qu’il grandit, vous l’occupez à construire sa vie en toute sérénité au lieu de le pousser à vous sauter au nez. Et, surtout, souvenez-vous que vous êtes son parent, un chef de meute, et non son meilleur ami. Les enfants ont besoin de savoir que vous êtes les leaders (mâle et femelle alpha de la meute), qu’ils sont les louveteaux et que vous veillez au bien de la meute en prenant vos responsabilités de parents et en conduisant la petite famille dans le bon sens. Si l’enfant se sent responsable de votre bonheur et/ou si vous le cooptez au rang de chef de meute, il vous donnera du fil à retordre, car vous lui donnez l’opportunité de vous dominer et il la saisira. Ne soyez jamais le meilleur ami de votre enfant, car il vous chahutera comme il le fait avec ses camarades : il a besoin de sentir que vous vous respectez, vous faites respecter et le respectez aussi. Vous avez le devoir de prêcher par l’exemple afin que votre enfant comprenne sur quoi repose une vie équilibrée.

J’espère que cette chronique vous aura ouvert les yeux sur votre rôle de parent et donc de leader vous appuyant sur votre propre confiance en vous et votre estime. Ou, tout du moins, même si vous en manquez, vous pouvez les développer chez vos enfants en les respectant et en les nourrissant de reconnaissance, affection et protection. Et cessez donc de croire que votre enfant se révoltera et que c’est un passage obligé : je viens de vous démontrer par A + B que c’est faux. Votre enfant cherche, à travers vos enseignements, à être traité comme un grand et à vous faire plaisir et vous avez la responsabilité de lui donner les commandes de sa propre vie au fur et à mesure qu’il grandit. Et souvenez-vous que vous êtes un leader et non un dictateur !

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