Dégriffer son chat : une intervention légale avec des implications morales

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L’onyxectomie ou le dégriffage chez le chat

En Amérique de Nord, il est toujours possible, pour un propriétaire de chat, de faire dégriffer son animal. Cette intervention chirurgicale, appelée «onyxectomie», est le plus souvent pratiquée dans le souci de préserver l’environnement du gardien en le mettant à l’abri des coups de griffes.

L’onyxectomie, en étant admise par l’Ordre des Médecins Vétérinaires du Québec (OMVQ), est donc accessible dans la plupart des cliniques vétérinaires. Il faut toutefois noter que dans plusieurs pays, notamment sur le continent européen, cette intervention relève de la cruauté et est, à ce titre, prohibée par la loi. Lorsque nous prenons le temps d’y réfléchir, il s’agit d’une intervention chirurgicale douloureuse : on parle de l’amputation de la troisième phalange de chaque doigt. Elle comporte aussi plusieurs risques pour l’animal, notamment un risque de souffrance physique, d’infection, de réaction aux produits administrés pour contrôler la douleur, de réactions comportementales à court ou à long terme, etc. De plus, surtout si notre chat va à l’extérieur, il est à considérer que ses défenses principales lui sont retirées, ce qui peut avoir son lot de conséquences. Un des aspects crucial à retenir est qu’il s’agit d’une chirurgie qui, contrairement à la stérilisation, ne comporte aucun avantage médical, voire moral. Bien souvent, elle est pratiquée dans le simple but de préserver les divans de cuir tout nouvellement acquis. En tant que propriétaires de chats, il faut donc se questionner à savoir si nos motifs valent les peines infligées à notre animal.

L’OMVQ présente donc une position mitigée par rapport à l’onyxectomie. Le plus important, défend-il, c’est que les propriétaires de chats prennent le temps de s’informer auprès de leurs médecins vétérinaires afin de prendre la décision la plus réfléchie possible, en fonction du bien-être de leur animal. Bien entendu, les vétérinaires ont le droit de pratiquer cette intervention. Toutefois, beaucoup d’entre eux la considèrent comme un dernier recours. En effet, plusieurs alternatives sont offertes afin d’éviter les comportements indésirables causés par les griffes. Par exemple, l’achat d’un poteau à griffer peut s’avérer une option très intéressante, surtout lorsque de l’herbe à chat y a été vaporisée ! Sinon, sur le marché, nous voyons de plus en plus de prothèses temporaires de types «Soft Paws» à installer sur chaque griffe afin de limiter les dégâts. Aussi, les propriétaires de chats peuvent tout simplement tailler les griffes de leur animal une à deux fois par mois, ce qui diminuera l’étendue des dommages causés par leur compagnon félin.

L’OMVQ se prononce aussi sur le type de technique utilisée pour dégriffer l’animal. Par exemple, l’utilisation du taille-griffes «à guillotine» est moins recommandée par l’Ordre puisqu’elle manque de précision, ce qui peut venir affecter certaines structures qui, normalement, ne devraient pas être touchées par l’intervention. Sinon, il y a la technique «au bistouri» qui, bien qu’efficace et précise, nécessite l’utilisation d’un garrot et de bandages postopératoires pour limiter les saignements. Il semblerait que le type de technique aillant le plus fait ses preuves soit celle au «laser». Effectivement, en plus de limiter les saignements, elle s’avère beaucoup moins douloureuse que les deux premières. Ce sera donc aux propriétaires de chats de se renseigner adéquatement auprès de leur clinique afin de savoir quel type de technique y est pratiqué. Certainement, les prix peuvent varier en fonction des moyens utilisés. Toutefois, si l’onyxectomie a été l’option retenue par le gardien, il serait souhaitable que la chirurgie soit pratiquée dans le but de réduire le plus possible les souffrances et les risques qui y sont associés.

Il est possible d’imaginer que, dans un avenir proche, l’onyxectomie soit interdite par une loi québécoise ou canadienne. Déjà, nous l’avons vu, les médecins vétérinaires adoptent une position mitigée par rapport à cette intervention. Idéalement, elle se pratique en tout dernier recours et après mûre réflexion, en plus d’être réalisée de manière à réduire le plus possible les impacts sur le bien-être de l’animal. La pratique de l’onyxectomie, parce que toujours largement autorisée en Amérique du Nord, suscite de nombreux questionnements éthiques. Il serait souhaitable que cette pratique cesse d’être aussi banalisée, et que si les propriétaires de chats souhaitent y avoir recours en toute légalité, qu’ils aient au moins pensé un peu plus loin qu’aux meubles à préserver.

Sources utilisées pour la rédaction du présent article :

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1. «Le dégriffage (onyxectomie)» dans www.veterinairelachapelle.com

2. «Le dégriffage félin ─ bien se renseigner pour prendre une décision éclairée» dans www.omvq.qc.ca, publication datant du 15 avril 2015.

3. «Le dégriffage (onyxectomie) chez le chat» dans www.hvdseigneuries.com

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