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COMMENT AIDER L’ENFANT À TROUVER SON ÉQUILIBRE, QUAND UN DES PARENTS EST DÉFAILLANT

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COMMENT AIDER L’ENFANT À TROUVER SON ÉQUILIBRE, QUAND UN DES PARENTS EST DÉFAILLANT

 

Quand un mari infidèle quitte le domicile conjugal pour rejoindre sa maîtresse, quand une mère trompe son conjoint et part rejoindre son amant, séparant l’enfant de son père, ou encore quand il/elle déserte carrément, laissant toutes les responsabilités à celui/celle qui reste, ce sont autant de situations qu’il faudra expliquer à vos fille(s) et fils. Après une séparation, il n’est pas rare que l’un des deux parents délaisse les petits, étourdi(e) par sa liberté retrouvée. Mais comment faire pour protéger au maximum vos bouts de choux, victimes innocentes, qui se trouvent pris dans la tourmente ?

 

Je reçois des messages de pères dont la femme est partie sur « une dérape » et laisse ses enfants derrière elle : ils ne savent plus quoi dire aux enfants, malheureux de ce manque de leur mère. Des femmes m’écrivent aussi parce que leur mari est parti avec sa maîtresse et ne donne plus signe de vie à sa descendance. Je vous le dis, la liberté corrompt ceux qui sont déséquilibrés : tels des veaux au printemps, ils gambadent dans les prés, souvent en compagnie, délaissant leurs devoirs de parents, dont ils laissent la responsabilité à celui ou celle qu’ils ont quitté(e). La première chose à faire, c’est protéger vos enfants contre la souffrance que vous ressentez, surtout quand vous venez de vous faire planter là. C’est sûr que ça fait mal, d’autant plus quand vous n’avez rien vu venir : mais vos enfants n’y sont pour rien et n’ont pas à porter votre peine, ils auront bien assez de la leur. Ils ne sont pas là pour vous consoler : c’est votre travail, pas le leur ! Faites attention à ne pas les rendre responsables de votre humeur : vous voyant malheureux, ils se sentiront coupables du départ de l’autre parent. Secouez-vous ! Pleurez toutes les larmes de votre corps, quand vous êtes dans votre chambre ou à l’extérieur, mais devant eux, vous avez le devoir d’afficher, autant que faire ce peut, une certaine sérénité. Rien n’est plus traumatisant pour un enfant que voir pleurer son parent : les parents sont sensés être forts et grands !

 

Il s’agit de faire une sorte de cloisonnement : les moments où vous vous autorisez à avoir de la peine, quand vous êtes seul(e) ou entouré(e) de votre famille ou amis, et les moments où vous êtes avec vos enfants. C’est ce que j’ai fait : je voulais étrangler le père de ma fille, nous nous disputions sans arrêt, mais quand elle se réveillait de sa sieste, je me concentrais sur elle et plus rien n’existait : ma colère retombait. Je cloisonnais, me ramenant au plaisir d’être avec elle, au bonheur d’être maman, mettant ma souffrance de côté, je profitais de ces instants privilégiés que je n’aurais permis à personne de me gâcher, pas même à son père ! Quand, du haut de ses quatre ans, elle m’a demandé pourquoi j’avais quitté papa, je lui ai répondu par un conte de fées : « Un jour, un prince charmant et une princesse charmante se marient. Puis, le prince charmant tombe amoureux d’une autre princesse charmante (pour mes amis, je disais « une sorcière » !) et il quitte donc la première pour vivre avec la deuxième ». Tout cela raconté avec un grand sourire. Ma fille me demanda alors pourquoi son papa était tombé amoureux d’une autre et je répondis « Parce qu’il était un peu perdu », ce à quoi elle ajouta : « Alors elle aussi, elle est perdue, puisqu’elle est avec papa ». La vérité ne sort-elle pas de la bouche des enfants ?! À partir de là, elle ne posa plus aucune question sur les raisons de la séparation et chaque fois que nous abordions le fait que j’étais séparée de son père, j’en plaisantais.

 

Aussi bizarre que cela puisse paraître et aussi difficile que ce soit, il faut faire rire vos enfants de la situation, même si c’est loin de vous amuser. Gardez présent à l’esprit que vos charmants bambins peuvent changer d’humeur instantanément. D’ailleurs, s’ils se font mal, faites le clown, ayant une attitude comique qui les fera rire et ils oublieront aussitôt les raisons pour lesquels ils pleuraient, quelques secondes avant. Même stratégie quand un parent quitte l’autre et, pire, qu’il se désintéresse de ses petits. Jusqu’à environ huit ans, vous pouvez raconter un conte, du style « maman a été envoûtée par une méchante sorcière et elle doit trouver la phrase magique pour revenir à elle » ou « papa est passé dans un nuage de poudre magique qui lui a fait tout oublier et un jour il va se souvenir et reviendra ». Inventez n’importe quoi, mais faites-le avec le sourire, car l’enfant observera plus votre non verbal que vos mots. Chatouillez-le en même temps que vous lui racontez l’histoire et dites-lui que vous l’aimez et que vous serez, vous, toujours là. Le temps passera et même si la mère est toujours envoûtée par la méchante sorcière ou le père n’est pas sorti de son nuage magique, ils grandiront et comprendront tranquillement la situation. Il faut éviter de leur faire vivre un drame. Passé huit ans, dites la vérité, racontez les faits, sans porter de jugement : « Ton père/ta mère est parti(e) parce qu’elle/il a rencontré quelqu’un d’autre dont il/elle est tombé(e) amoureux-reuse. Il/elle a besoin de temps pour faire le point. C’est entre elle/lui et moi, tu n’as rien à voir là-dedans. Nous t’aimons, même si nous ne sommes plus ensemble ».

 

Autre chose extrêmement importante : ne dites jamais du mal de celui ou celle qui vous a quitté(e). Ne prononcez jamais de méchancetés ou d’insultes à l’égard de l’autre parce que vos enfants l’aiment et si vous le/la dénigrez, vous les blessez. Parlez des faits, sans porter de jugement, même si vous en crevez d’envie : votre entourage sera là pour recueillir toute votre peine et votre mépris. Faites attention que vos enfants ne soient pas à portée d’oreille, quand vous cracherez votre haine. Vous pouvez dire à l’enfant : « Papa/maman est parti(e) avec un/une autre personne. Plutôt que « cet(te) enfoiré(e) est parti avec l’autre tordu/garce ! ». Souvenez-vous que ce conjoint défaillant, c’est vous qui l’avez choisi. Vous êtes responsable à 50/50 de ce qui se produit, même si vous essayez de faire passer l’autre pour le méchant. Quand des personnes « bien intentionnées » venaient me dire du mal de mon mari (il m’a trompée pendant ma grossesse et après), je leur répondais : « Tu parles du père de ma fille, c’est moi qui l’ai choisi et si quelqu’un a le droit de le critiquer, c’est moi et tu vois, je ne le fais pas. Alors tais-toi ». En dénigrant l’autre, vous faisant passer pour la victime, c’est vous que vous dénigrez, puisque c’est vous (l’imbécile ?!) qui l’avez choisi. Alors, laissez vos enfants hors de ça. Assumez. Eux sont bien là et doivent survivre à la défaillance de leur parent : c’est à vous d’être fort(e) pour eux.

 

Une voisine dénigra son conjoint que ma fille aimait beaucoup, après leur séparation. Ses propos étaient tellement grossiers et déplacés que ma fille lui répondit, à 12 ans : « Maman n’a jamais parlé comme ça de papa ». Elle a réalisé que je n’avais jamais rien dit de mauvais au sujet de son père. Je lui ai juste dit que c’est moi qui l’avais choisi, que j’assumais la séparation, parce qu’il m’avait trompée. J’ai toujours rajouté : « Ton père est sympa, il ne faut juste pas être sa conjointe ! » et elle rit à chaque fois. Ayant grandi, elle a vu le défilé dans la vie de celui-ci, sachant qu’il a trompé également celle qui fut sa maîtresse (mais que croyait-elle ?!), puis sa conjointe pendant 13 ans et les suivantes. Elle n’a pas à le juger et ne le juge pas : elle l’aime, parce que j’ai conservé le lien, si faible, qui les unissait au début, qui a pris de la force aujourd’hui. Je lui ai maintenu son statut de père, car un enfant a besoin de savoir qu’il a un père et une mère, même si l’un des deux est défaillant. Pensez à l’enfant et pas à votre vengeance : je le sais, c’est tentant de charger l’autre pour que votre progéniture le déteste, mais qu’en retirerez-vous ? Je n’ai pas dit non plus de le/la faire passer pour un ange : racontez les faits, sans porter de jugement. Mais si l’autre parent n’est ni dangereux, nit toxique pour les enfants, que sa seule faute est de ne plus vous aimer, peut-être d’aimer quelqu’un d’autre, vous n’avez pas le droit de prendre les enfants en otage pour vous venger.

 

Vous pouvez expliquer « votre père est parti avec une autre femme, parce qu’il ne m’aime plus » ou « votre mère a décidé de partir parce qu’elle est fatiguée et veut se reposer », même si ce repos dure plusieurs années. Laissez la chance à l’autre de revenir (à moins que ce soit un meurtrier ou qu’il ait mis la vie des enfants ou la vôtre en danger), quand il sera sorti de son nuage magique ou que la méchante sorcière aura fini de l’ensorceler. Après plusieurs années de silence ou très peu d’attention, le parent défaillant peut avoir des remords et tenter de se faire pardonner : ce ne sera pas à vous de juger s’il peut revenir. Vos enfants feront, dès 12 ans (âge à partir duquel ils ont le droit de choisir) ou s’ils sont majeurs, ce que bon leur semblera. Mais laissez-leur une chance de se faire une idée, au lieu de polluer leurs souvenirs et leur jugement par des phrases meurtrières. C’est sûr que ça fait mal, quand l’autre vous plante là, je sais de quoi je parle, mais vos enfants n’ont pas à payer votre mauvais choix. Démontrez-leur que vous êtes solide, car les petits ont besoin d’être rassurés et sécurisés. Ma fille en fait le témoignage dans notre DVD « Comprendre la Vie« , disant « Maman est solide« . Faites-les rire de la situation et quand papa ou maman leur manque, souriez, chatouillez-les et dites « Un jour, elle/il reviendra et en attendant, moi je suis là, je t’aime et je t’aimerai toujours, jusqu’à la fin des temps ! ».

 

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