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© le mal nommé : « CopyRight » signifie-t-il « Droit de Copie »… ou précisément l’inverse ?

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En informatique, comme dans bien des domaines de la créativité, les conceptions originales appelées programmes ou logiciels sont soumises à un « CopyRight ». Le mal nommé use du paradoxe pour nous faire oublier qu’en fait de « Droit de Copie » il ne nous en laisse aucun.
 
Démontrant la plus pure suite dans les idées, le paradoxe persiste alors même que l’on essaie de débusquer la signification de cette interdiction. Le © se barricade derrière une « Copyright Notice » dont la taille des caractères reflète mal l’importance qu’on devrait attacher au texte qui s’y étale. Tout aussi absurde est l’indifférence de l’acheteur qui néglige la lecture, volontairement inaccessible, de ce contrat qui lui révélerait pourtant la virtualité réelle de son acte, puisqu’il n’achète rien.
 
Combien sont-ils, ces utilisateurs officiels de logiciels, à se rendre compte qu’après avoir bourse déliée, ils ne sont propriétaires que du support physique, disquette et papier, payé des centaines, voire des milliers de fois plus cher que ce même support réputé vierge. La seule différence, entre le média blanc et leur divine acquisition : une licence. Entendez par là qu’il leur est accordé le droit d’utiliser l’impalpable modification du média brut, un peu de magnétisme ordonné sur les particules de ferrite dont ils sont acquéreur, ou encore les quelques trous organisés selon un ordre savant sur le film métallique recouvrant une galette en plastique appelé CD-ROM. Ces informations, aussi immatérielles que l’état des bits dans les mémoires, quelles soient mortes ou vives, de leurs ordinateurs, que sont-elles sinon du vent ? Un vent savamment dosé, au point d’en connaître les effets précis sur son environnement, les actions et réactions en chaîne aboutissant, quand tout va bien, au résultat escompté. 
 
Même quand leur frêle esquif navigue à bonne allure tout en respectant le bon cap, ils n’en ont jamais assez, grisés par la tourmente, ils en veulent toujours plus : plus de vent, qui souffle plus fort, plus vite, plus large, dans toutes les directions. On hisse des voiles qui ne servent à rien, mais ça fait bien de les voir gonflées plus fort que celles du bateau voisin. Et puis les faiseurs de vent leur disent qu’il faut aller de l’avant. Il ne faut plus se contenter de la voile 3.31, mieux vaut opter pour la turbine 95. Bien sûr, il faudra renforcer le bateau, mettre un mat plus robuste, changer les profilés, remplacer toute la câblerie… Et puis tant que vous y êtes, changez de bateau. C’est ainsi qu’on se retrouve, tel le petit pêcheur sur un catamaran à se demander comment attraper du poisson avec un filet tendu horizontalement au-dessus des flots.
 
Mais qu’advient-il lorsque le vent devient tempête, quand plus rien ne semble le contrôler ? Lorsque cette excroissance de la pensée, mise en boîte ne fait plus ce qu’on attend d’elle, et se met à souffler un vent de panique sur vos données, les faisant parfois disparaître à jamais ?
Vous vous retournez alors vers ces apprentis Eole, en leur priant de répondre des méfaits de leurs vents dévastateurs. Mais eux soupirent d’aise, car la notice dont il était question en début de texte les met à l’abri des vents contraires. Propriétaire ne signifie pas responsable, et aucune garantie ne vous est faite sur les conséquences directes ou indirectes de l’utilisation de leurs courants d’air. Tout au plus s’engagent-ils à vous fournir un autre vent qui soufflera mieux, dans le bon sens, du moins l’espèrent-ils… pour vous. Parce qu’eux ne seront jamais responsables. Juste propriétaires. Chacun son métier.
 
Longtemps je me suis insurgé contre la désinvolture de ces fabriquant de tramontane, alizés, blizzard et autres sirocco, mais agir de la sorte ne vous apporte pas la reconnaissance de paravent. Au lieu de cela, vous incarnez plutôt un Don Quichotte partant en guerre contre les moulins à vent. Il déplaît fort à l’acheteur de vent qu’on le dise aérophage. Alors, plutôt que de persévérer dans ce rôle ingrat, à mon tour de jouer les Eoles. Finalement, la vie est bien meilleure du côté qui souffle que de l’autre, et il est si facile de vendre du vent, en étant déclaré irresponsable de ses effets grâce à la notice portant le © salutaire.
 
Texte publié par Babel Master sur le site Babelweb.be, le site des auteurs amateurs © 2001 ;-)
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